|
Un groupe de scientifiques américains vient de publier un rapport qui
met en garde contre les dangers du téléphone portable et de la
technologie wi-fi. Un nouvel élément à apporter au débat en cours dans
plusieurs pays, rappelle Le Soir.
 De plus en plus de restaurants proposent un accès au wifi
Risque accru de leucémie infantile, de cancer du cerveau, d'Alzheimer, désordres acoustiques, problèmes nerveux variés, modification de l'ADN, troubles du sommeil C'est un nouveau message d'alerte que lancent une vingtaine de scientifiques américains, médecins pour la plupart. Publié vendredi dernier, leur volumineux rapport, "Bio Initiative", fait la synthèse des centaines d'études consacrées à l'impact sanitaire des champs électromagnétiques sur l'homme. "Le déploiement sans entraves des technologies sans fil est vraisemblablement risqué et sera difficile à contrer si la société ne prend pas des décisions rapides portant sur de nouvelles limites d'exposition, conclut le rapport. Comme il n'est pas réaliste de reconstruire tous les systèmes de distribution électrique à court terme, des étapes pour réduire l'exposition liée aux systèmes existants doivent être initiées et encouragées, particulièrement dans les lieux où les enfants passent du temps."
Vous ne pouvez pas la voir, la sentir, la goûter ? "La pollution électromagnétique est pourtant l'exposition la plus envahissante à laquelle les êtres humains soient soumis dans les pays occidentaux, constatent les experts. Notre société ne peut plus se payer le luxe d'attendre avant d'agir." Attendre, c'est pourtant le credo de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont le discours rassurant est aux antipodes des signes d'inquiétude scientifique lancés depuis bientôt six ans (appels de Fribourg en 2002, d'Helsinki en 2005 et de Benevento en 2006). Nouvel écho de ces craintes, le débat sur le possible bannissement des systèmes wi-fi dans les écoles en Grande-Bretagne. De son côté, le gouvernement allemand, vient de déconseiller l'usage du wi-fi à domicile et de "préférer autant que possible l'utilisation de solutions filaires traditionnelles plutôt que de connexions sans fil".
Et en Belgique ? "Nous travaillons actuellement sur une nouvelle note consacrée à cette question", explique le Pr André Vander Vorst, membre du Conseil supérieur de la santé (CSS) en Belgique et aux Pays-Bas. "Elle devrait aboutir en décembre. Je rappellerai simplement que, si l'on veut agir de manière prudente, il convient de considérer la somme de l'exposition à laquelle un individu peut être soumis. C'est pourquoi le Conseil supérieur fédéral avait recommandé en 2004 de ne pas dépasser 3 volts par mètre – en aucun endroit et à aucun moment." Négligeant cette recommandation, le gouvernement fédéral sortant a préféré adopter un arrêté royal imposant aux opérateurs de ne pas dépasser 20,6 volts par mètre. Six fois plus que la recommandation prônée par les scientifiques, mais deux fois moins que la valeur maximale préconisée par l'OMS.
Le brouillard électromagnétique est de plus en plus dense : 8 000 stations-relais sont recensées sur le sol belge et, si l'on en croit les prophéties touchant à la "téléphonie de la troisième génération", ce chiffre devrait augmenter de 50 % d'ici la fin de la décennie. Vigilance, donc ? "On met l'accent sur les risques du wi-fi, mais, à mon sens, les téléphones numériques sans fil, de type DECT, utilisés chez les particuliers, représentent un bien plus grand danger, estime André Vander Vorst. Cette technologie héritée de l'industrie permet de gérer une dizaine de communications simultanément et émet en permanence, 24 heures sur 24, dans les habitations. Si bien que l'intensité du champ émis est largement supérieure au rayonnement des antennes GSM."
Faut-il dès lors privilégier le bon vieux sans fil ? Pour le scientifique belge, la prudence extrême doit s'imposer en attendant 2015, date à laquelle le recul sera suffisant pour juger de l'impact global de la téléphonie mobile sur la santé. Et, à défaut de pouvoir interdire certaines technologies comme ces téléphones de type DECT, le membre du Conseil supérieur attend des pouvoirs publics qu'ils imposent aux constructeurs l'obligation d'informer le consommateur quant à la puissance de ces téléphones et autres "baby-phones" sans fil. Avant peut-être un jour d'y voir figurer cette mention : "Cet appareil peut nuire gravement à votre santé".
REPÈRES
Le téléphone portable sans fil à domicile (DECT).
Ils émettent sans discontinuer des ondes pulsées dont la puissance est souvent supérieure aux 3 volts par mètre préconisés par le Conseil supérieur de la santé.
L'antenne relais GSM.
Les normes belges, fixées à 20,6 V/m, sont jugées suffisantes par l'OMS, mais très critiquées. La majorité des antennes émettent dans les faits au-dessous de 3 V/m, si l'on en croit l'Institut belge des télécommunications.
Le système wi-fi.
L'ordinateur sans fil (wi-fi) rayonne sur la même fréquence que le four à micro-ondes... mais sa puissance est nettement moins importante. Il est recommandé de ne pas laisser son wi-fi "allumé" 24 heures sur 24.
Le GSM.
De plus en plus de pédiatres déconseillent son utilisation avant l'âge de 15 ans. L'exposition est maximale lors d'une communication (10 à 20 V/m) ; , en France, publie un classement des marques selon leur rayonnement.
Christophe Schoune - Le Soir - courrierinternational.com
 Soyez le premier à commenter cet article | |
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire. SVP, connectez vous ou enregistrez vous. |