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Au restaurant, cet homme d'affaires qui sort son cellulaire au moment même où son assiette arrive sur la table n'est pas en train de régler un important contrat. En fait, il photographie son repas.
Au restaurant, cet homme d'affaires qui sort son cellulaire au moment même où son assiette arrive sur la table n'est pas en train de régler un important contrat. En fait, il photographie son repas.
Il pourrait même en faire une courte vidéo, histoire de bien voir le verre de rouge qui se cache dans le coin droit de l'image. Ou de montrer qu'il y a une assiette de salade qui accompagne le tout. L'idée, c'est que monsieur remplit son journal alimentaire, de la façon la plus «techno» qui existe jusqu'ici.
À l'autre bout du fil se trouve une diététicienne qui analysera l'alimentation de monsieur, et lui fera un rapport vidéo personnalisé. Trop de protéines, pas assez de légumes. Monsieur est diabétique, ou a besoin de perdre du poids ? Sa diététicienne surveillera de près la diète, donnera des conseils, fera des recommandations. Tout ça pour 100 $US par mois, en plus des frais pour le cellulaire.
Le service est actuellement offert dans trois États, New York, New Jersey et le Connecticut. Et d'ici un mois, un service semblable, mais en version moins spécialisée et plus abordable, sera lancé pour l'ensemble des États-Unis, par l'entremise d'un partenariat entre Sprint, géant des télécommunications et MyfoodPhone, une toute petite entreprise sise dans le parc technologique de Québec.
Pour cette dernière, il s'agit d'une étape décisive. Sprint a sondé l'intérêt de ses abonnés et la réponse serait des plus positives, selon Sébastien Tanguay, directeur général de MyfoodPhone. Au point où le défi devient de fournir le service aux futurs clients. MyfoodPhone est d'ailleurs en campagne de recrutement pour embaucher des techniciens en nutrition.
Sébastien Tanguay croit que son service aidera les gens qui ont besoin d'un régime alimentaire spécial, ou ceux qui veulent tout simplement améliorer leur alimentation. Dans un cas comme dans l'autre, il faut tenir un journal alimentaire, et la plupart des gens abandonnent l'exercice après deux ou trois jours. Son procédé est plus «amusant», et plus motivant. «Le simple fait de devoir photographier ce que l'on va manger incite à faire de meilleurs choix.»
Télémédecine
Éventuellement, M. Tanguay voudrait diversifier son offre. En plus des diététistes il pourrait y avoir un entraîneur, ou encore un médecin au bout du fil.
L'entreprise explore d'autres avenues: «Nous avons un partenariat avec Gentag, entreprise américaine qui conçoit des senseurs RFID pour toutes sortes de données biométriques: glucose sanguin, température, même les rayons UV», explique le jeune dg Appliqué sur un jeune enfant, ce dernier senseur pourrait avertir maman que son petit a besoin de crème solaire...
MyfoodPhone s'inscrit dans le secteur émergent de la télémédecine. Le journal The Economist rapportait le mois dernier que ce marché atteindra les 7,7 milliards $ en 2006, alors qu'il était déjà de 3,2 milliards $ en 2003.
Un peu partout sur la planète, les expériences les plus surprenantes s'effectuent. Motorola et le groupe Partners Telemedecine, de Boston, font des essais de transmission téléphonique de données telles le poids et la pression sanguine de patients.
SIMpill, entreprise sud-africaine, teste un bidule qui s'accroche au couvercle des boîtes de médicaments et qui envoie un signal à un ordinateur central chaque fois que le patient ouvre le couvercle. Si aucun message ne parvient, un avertissement est envoyé au patient, à son médecin ou à un membre de la famille.
Plus près de nous, Medical Intelligence fait jaser avec son système de détection des infarctus en préparation, et s'attaque maintenant aux fugues des personnes atteintes d'Alzheimer.
MyfoodPhone se voit comme un intermédiaire entre le client et le professionnel de la santé. Son défi n'est pas technologique. «N'importe quel téléphone muni d'une caméra fait l'affaire», dit Sébastien Tanguay. Pour le développement de senseurs biométriques, il mise plutôt sur le partenariat.
Son rôle est plutôt de devenir la plate-forme centrale d'un ensemble de services médicaux ou paramédicaux. «Il y a 80 millions de baby-boomers aux États-Unis, et seulement 800 000 lits d'hôpitaux. Ce qu'on veut, c'est aider les gens à prendre leur santé en main.»
Pour le démarrage, MyfoodPhone a bénéficié d'investissements privés, et compte sur les 20 millions d'abonnés de Sprint pour aller chercher des revenus substantiels au sud de la frontière.
L'étape suivante sera le marché canadien, avec comme partenaire «un fournisseur majeur» de téléphonie cellulaire. «On s'en vient», conclut Sébastien Tanguay.
Anne-Louise Champagne - AChampagne@lesoleil.com - lapresseaffaires.com
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