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La croissance mondiale des abonnements aux services de téléphonie mobile devrait légèrement baisser en 2006 pour s'établir à 20% contre 23% l'an dernier, selon un rapport du cabinet d'études Strategy Analytics.

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Le téléphone portable, première "success story" économique de l'Afghanistan
08-08-2006
Collé au turban, rangé dans un costume, voire dissimulé sous la burqa, le téléphone portable a fait irruption en quelques années dans la vie de plus d'un million d'Afghans pour devenir la première "success story" économique d'un pays encore instable mais qui s'ouvre au monde. Fin 2001, au milieu des ruines de 25 ans de guerre, à peine 25.000 Afghans jouissaient du téléphone fixe hérité de l'époque soviétique, soit deux téléphones pour 1000 personnes.

Quatre ans et plus de 250 millions de dollars d’investissement privé plus tard, plus de 1,1 millions d’Afghans, soit près de 5% de la population, sont clients d’une des deux compagnies de téléphonie mobile, Roshan et AWCC, dont les réseaux couvrent plus de la moitié du pays.

"Le succès a été beaucoup plus rapide que prévu. Nous avons mis 5 ans à toucher 5% de la population: l’Inde et le Pakistan avaientmis 10 ans", se félicite le ministre des Télécommunications, Amirzai Sangin.

"Dans cinq ans, on devrait toucher 10 à 12% de la population", pronostique Altaf Ladak, directeur marketing de Roshan, devenu en deux ans le n°1 du portable local (750.000 clients, contre 400.000 pour son rival AWCC).

L’explosion du portable a accéléré le développement du commerce dans les villes. Mais elle a également entraîné un certain engorgement du réseau: aujourd'hui encore, il faut souvent plusieurs essais pour passer un appel et les coupures ne sont pas rares.

Elle a cependant fait des télécoms le premier secteur privé du pays (10 à 20% du PIB) et un des plus gros employeurs (près de 10.000 emplois directs), dans un pays à l'économie encore largement agricole.

"Le secteur nous a rapporté 100 millions de dollars (licence et taxe) en 2005, soit près d’un tiers des revenus du gouvernement", souligne Amirzai Sangin. "Aucun autre secteur ne rapporte autant en Afghanistan", estime un cadre du ministère, qui parle "de bénéfices de l’ordre de 10%".

La "soif" de communiquer et de consommer après des années de guerre et la dispersion de la population expliquent en grande partie cet essor. "7 à 8 millions d’Afghans sont partis du pays il n’y a pas si longtemps. La volonté de reprendre contact avec leur famille a porté le secteur", explique Emmanuel de Dinechin, du cabinet Altaï, partenaire de Roshan.

Aujourd’hui, les communications quotidiennes d’Afghanistan vers l’étranger représentent 5,34 millions de minutes et 500.000 minutes dans le sens inverse, selon le ministère des Télécommunications.

Le prix reste cependant élevé pour nombre d’Afghans, dont une majorité vit avec moins de deux dollars par jour: au moins 50 dollars pour un portable neuf, 25 dollars pour une carte SIM, et au moins 5 dollars pour une carte prépayée. Des prix encore élevés qui expliquent le succès des échoppes de téléphone public ouvert par de nombreux Afghans avec un ou deux portables.

Les communications sont plus abordables, bien que plus chères qu’au Pakistan voisin: à partir de 5 afghanis (0,1 dollar) la minute en local, entre 30 et 100 pour l’international.

"Les prix vont baisser de 50% dans les quatre ans", promet le ministre Sangin, avec l’attribution pour 40 millions de dollars de deux nouvelles licences mobiles, dont la première a été attribuée à la société libanaise Investcom, qui doit commencer ses opérations à l’été 2006.

"Le manque de concurrence et les atermoiements du gouvernement, actionnaire minoritaire d’AWCC, empêche encore les prix de baisser. Mais avec les deux nouvelles licences, le prix de la carte SIM devrait baisser à 5 ou 10 dollars d’ici la fin 2006", estime un expert du secteur.

"Avec quatre opérateurs mobiles et un fixe, le marché sera optimalisé", estime Amirzai Sangin.

"Le marché peut augmenter de 50% par an ces prochaines années en Afghanistan", prévoit le cadre du ministère, qui souligne qu'"en Afghanistan, comme dans plusieurs pays d’Afrique, le téléphone portable a été le premier secteur privé moderne à se développer, et ce malgré la pauvreté persistante".


Afghana.org
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