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Accueil The News Dans Les Médias Tunisie Télécom - Tecom / Dubaï : Un partenariat stratégique à géométrie variable ! |
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Tunisie Télécom - Tecom / Dubaï : Un partenariat stratégique à géométrie variable ! |
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01-08-2006 |
Depuis dix ans l’architecture et le paysage des télécoms ont connu en
Tunisie de profondes mutations. Percée prodigieuse du GSM, émergence de
Tunisiana, premier opérateur privé extérieur, Tunisie-Télécom devient
une société anonyme et cède 35% de son capital à un investisseur
extérieur aux enchères, les tarifs baissent (vive la concurrence) les
services à valeur ajoutée “pointent leur nez”. Va-t-on s’arrêter en si
bon chemin ?
Plusieurs interrogations se bousculent dans nos esprits. Tunisie-Télécom est-elle sur orbite pour devenir un pôle régional de rayonnement et de développement des télécoms hors de notre pays ? En-a-t-elle les moyens, les compétences et les technologies ?
Quelles sont les intentions réelles de Tecom - DIG à travers une acquisition si coûteuse et si laborieuse à la fois puisqu’elle a été consentie totalement moyennent la mobilisation d’un emprunt syndiqué contracté auprès de quarante banques sur le marché international privé, et après soixante-quinze jours de négociations serrées ?
Tecom a-t-elle les moyens de sa politique, malgré son appartenance à un groupe puissant et riche ?
Faut-il s’attendre à une restructuration de Tunisie-Télécom destinée à la rapprocher des normes internationales de rentabilité financière, de rigueur technique et de gestion, de productivité du personnel et de qualité des prestations de service ?
Tunisie Télécom a-t-elle encore un statut d’entreprise publique avec un traitement préférentiel ou supposé tel de la part de l’Administration alors que 35% de son capital relèvent de l’investissement extérieur privé, ce qui implique des privilèges fiscaux ?
Tunisie-Télécom ne devrait-elle pas aller en Bourse pour lever des capitaux et être soumise aux exigences de la transparence de l’information financière, après qu’elle avait cédé 14% de son capital par O.P.V ? L’Etat ne garderait alors que 51% des parts sociales ?
Ou bien y a-t-il un pacte d’actionnaires resté confidentiel qui garantirait les intérêts des deux actionnaires à l’avenir ?
En fait, peu de choses ont été rendues publiques sur les conditions de cette acquisition, à part le pactole de 3,052 milliards de DT, un record historique en matière de privatisation et d’investissement extérieur.
Quoi de neuf au point de presse du 18 juillet ?
La réunion a commencé avec une bonne heure de retard sur l’horaire prévu, elle a été présidée par M. Montasser Ouaili, ministre des Technologies de la Communication en présence de Mme Khadija Ghariani, secrétaire d’Etat à l’Informatique, à l’Internet et aux logiciels libres, M. Ahmed Mahjoub, P-DG de Tunisie Télécom et M. Ahmed Ben Byet, représentant de Tecom, Tout le monde s’est accordé pour dire qu’il s’agit d’un tournant décisif dans la vie de Tunisie-Télécom, qu’une nouvelle stratégie commerciale a été mise au point et sera bientôt opérationnelle, mais elle reste confidentielle à cause de la concurrence, que Tunisie-Télécom sera bientôt modernisée et transformée…
Tecom / DIG a été présentée avec force détails par M. Michael Foly avec ses filiations multiples par vidéo-projecteur ; une impression de félicité générale a régné au cours de cette réunion. Il semble dorénavant qu’il faudrait s’attendre à voir le client bénéficier de tous les soins, qualités de services et satisfactions diverses.
Les journalistes n’ont pas eu le loisir de poser les multiples questions, peut-être embarrassantes, auxquelles il aurait fallu répondre . Ce sera peut-être pour une prochaine occasion. Invitée puis constatée absente à l’appel, la télévision tunisienne a été sollicitée de nouveau séance tenante ; c’est pourquoi le discours du ministre a été si long, mais finalement elle s’est désistée.
Pourquoi céder 35% de Tunisie-Télécom ?
Il ne viendrait à l’idée d’aucun propriétaire d’une entreprise qui gagne beaucoup d’argent, qui dispose d’une trésorerie prospère et qui détient un monopole, à l’exception du GSM, dans un secteur en pleine expansion, de la vendre, même à un prix élevé et de façon partielle !
C’est une “grosse machine à sous” avec chaque mois le jack-pot. Mais voilà il y avait deux objectifs majeurs pour les pouvoirs publics.
D’une part faire rentrer beaucoup d’argent en devises dans les caisses de l’Etat afin de faire face au financement des grands projets de développement et réduire d’autre part le poids de la dette extérieure. Sur ce plan on peut dire que la réussite est totale : le pactole engrangé a dépassé de 50% les prévisions les plus optimistes.
D’autre part il fallait réformer les structures, moderniser les méthodes de gestion et le comportement d’un opérateur historique conforté dans son rôle monopolistique par des décennies d’inertie et surtout le faire bénéficier des technologies de pointe, des avantages de la recherche-développement, des relations extérieures privilégiées d’un réseau international, des services à valeur ajoutée…
Tecom / DIG est-elle le partenaire idéal ou rêvé pour Tunisie-Télécom ? Pourquoi pas, puisque tout s’achète aujourd’hui si l’on ne fait pas de recherche développement soi-même.
Il est clair qu’on ne peut pas avoir à la fois un partenaire qui accepte de payer très cher et qui soit en même temps créatif, innovant pour les technologies modernes,…
Il faut dire que le potentiel technique et commercial de Tunisie-Télécom est remarquable : un capital social de 875 millions d’euros, un chiffre d’affaires 2004 de 750 millions d’euros ; celui de 2005 n’a pas été révélé sur le site web de l’entreprise.
Le nombre d’abonnés au mobile est de 3,5 millions, soit 60% de parts de marché alors que le téléphone fixe compte 1,3 millions d’abonnés. On ne connaît pas le montant des bénéfices
Il y a lieu de remarquer que l’Etat tunisien a financé sur son propre budget d’investissement des sommes colossales au cours des sept à huit dernières années pour réaliser d’importants projets d’infrastructure : centraux téléphoniques automatiques, connections, relais, câblages… Le taux de densité téléphonique a atteint 42%.
Tunisie-Télécom dispose de six centres d’assistance à la clientèle, soixante-dix agences commerciales, qui ont été modernisées et réparties à travers le pays ; il dispose de 8.000 agents et dispense 65.000 journées de formation par an. Est-ce suffisant ? Certes il y a beaucoup de progrès mais il reste encore beaucoup à faire sur le plan qualité des services.
Un ticket d’entrée chèrement payé…
...et laborieusement financé. Rappelons d’abord qu’entamée en décembre 2004 l’opération de cession de 35% du capital de Tunisie – Télécom n’a abouti que le 17 juillet 2006 soit dix-huit mois d’appels à candidature, de présélection technique puis financière, de négociations, de visites, de contacts, de contre- offres… Laborieux et lourd à gérer d’autant plus qu’il y a eu des surprises, du scepticisme, des reports, des retraits, des incertitudes, des atermoiements Bref, le processus a abouti finalement, mais les nominés n’étaient pas tous au rendez-vous sur la ligne d’arrivée. En effet des géants des télécoms comme Téléfonica (Espagne), échaudée par son élimination finale lors de la concession du réseau GSM, ont préféré se retirer très tôt ; par contre France Télécom a trouvé les conditions du cahier des charges trop rigides et n’a pas respecté les conditions prescrites, elle a donc été éliminée.
TECOM a été adjugée lauréat avec 3,052 milliards de DT (2,25 milliards de dollar US.
Par contre Vivendi à surenchéri jusqu’au bout : + 13% à son offre inItiale (soit 320 MD). Tecom a remporté haut la main l’offre avec 675 MD en plus, soit 28% de plus.
Pour plus de détails voir l’article de notre confrère Nizar Bahloul dans le numéro 1068 du 6 au 12/4/06 de Réalités ( p. 12 et 13).
Ce ticket d’entrée a été jugé disproportionné par les spécialistes par rapport à la valeur réelle. C’est que pour Tecom l’enjeu était de taille : il lui fallait absolument saisir cette opportunité pour prendre pied au Maghreb, mettre le pied à l’étrier, et compte tenu du partenariat Tunisie-Union Européenne, se rapprocher de l’Europe.
Comment se ferait la cogestion de demain ?
Il y a lieu de remarquer que cet investissement dans les télécoms est à rapprocher des autres investissements émiratis de grande envergure décidés, dernièrement en Tunisie, dont l’aménagement de la zone touristique de Hergla et l’aménagement plus l’équipement du Lac Sud de Tunis (Marina de Tunis).
Il y a sûrement des synergies à récolter en faisant la connection entre tous ces projets sans pour autant avoir recours aux banques tunisiennes (pour le financement)
On se demande d’ailleurs comment Tecom / DIG va amortir le crédit contracté auprès de quarante banques plus les intérêts, à partir des dividendes de Tunisie-Télécom.
De toute façon, chez Tecom, on fait la distinction pour ce qui est des personnes physiques entre les investisseurs et les financiers d’une part, qui sont Emiratis, et les gestionnaires recrutés dans le vivier international des compétences.
Il faut savoir que l’acquisition de 35% du capital d’une société anonyme. donne droit à une “minorité de blocage” : lorsqu’il y a des décisions à prendre, que ce soit au Conseil d’Administra- tion ou à l’Assemblée générale de Tunisie-Télécom, lorsqu’il s’agit de questions vitales : investissements ou projets d’envergure à entreprendre, augmentation de capital, approbation de bilan, distribution de dividendes…
Ensuite le nouvel actionnaire a droit dorénavant à trois postes d’administrateurs sur douze, ce qui permet de décider de l’ordre du jour des réunions, de soulever des questions, de contribuer à élaborer la stratégie de l’entreprise, de prendre des initiatives, de juger la gestion, les résultats, d’émettre des suggestions…
En outre, au cours des négociations, Tecom a obtenu trois postes qui pourraient donner lieu à un pouvoir de décision et de gestion : les postes de directeur général adjoint, de directeur commercial et de directeur du marketing.
Il semblerait que les postes-clés de directeur financier et de directeur technique soient jalousement gardés par Tunisie-Télécom, ce qui est réconfortant.
Maintenant, tout dépend des pouvoirs attribués à chaque poste fonctionnel, de la majorité des voix qui pourrait se dégager dans les comités de direction…
Tunisie-Télécom devrait et pourrait aller très loin s’il y a “entente cordiale” sur les méthodes de travail, une conciliation intelligente des intérêts bien compris des uns et des autres, et une évolution rapide vers des normes de qualité, de productivité, avec une intensification de la formation continue.
Pas question bien sûr de licencier, comme cela a été promis et signé, mais plutôt créer des emplois pour les diplômés du Supérieur.
Les objectifs de Tecom
Tecom se propose de mettre au service de Tunisie-.Télécom l’ensemble des synergies de son Groupe, ce qui implique expertises et compétences humaines, potentiel technologique, ressources financières et relations internationales. Son objectif, selon les propres termes de M. Ben Byet et M. Saoud El Baalaoui, ainsi que les documents projetés, est de transformer Tunisie-Télécom, d’en faire une des entreprises de télécoms les plus modernes et les plus performantes du monde. Dont acte. L’expansion dans les pays du Maghreb est certes possible sinon probable.
C’est à se demander qui est dorénavant aux commandes de Tunisie-Télécom “nouvelle mouture”, Tecom ou l’ancienne- actuelle équipe ? Ou bien les deux à la fois, un attelage qui pourrait et devrait aller loin, sans négliger ni oublier les racines.
En fait Tunisie-Télécom pourrait être une plate-forme régionale pour l’exportation des télécoms dans les pays du Maghreb, en jonction avec l’Europe du Sud, et bénéficier grâce à des accords de partenariat avec d’autres compagnies des avantages du sourcing (prix et qualité). Cela permettrait également, grâce à l’expertise, à la qualification et au savoir-faire de ses cadres et techniciens de participer à la recherche - développement et à l’exportation des services.
L’intérêt, les objectifs et les profits résident dorénavant, non dans les branches consommation de communication téléphoniques, mais dans les services à valeur ajoutée dérivés du GSM :SMS, télévision, Internet…
Les grandes compagnies et les multi-nationales, qu’elles soient européennes, américaines ou arabes, n’ont pas vocation ou volonté d’être minoritaires même dans des entreprises –leaders car la Tunisie est d’un marché relativement limité et saturé.
En effet ces entreprises – généralement ont tendance à être majoritaires afin de décoder et de gérer en toute liberté, non pas être contraintes à des compromis, à des arrangements, à des arbitrages, des négociations et à des dérogations, à n’en plus finir.
Est-ce qu’il s’agit là d’une opportunité ou d’un risque pour Tunisie-Télécom, jalouse de son autorité et de sa liberté de gestion ?
Rien n’indique que les pouvoirs publics soient disposés à vendre d’autres parts sociales de Tunisie-Télécom, même à prix d’or, car malgré tout il s’agit quand même d’un service public et d’un patrimoine national.
Financement
Il est à remarquer que les normes internationales en matière de “croissance externe”, ce qui est le cas de Tecom en la matière, c’est que le prix d’acquisition soit honoré à 50% sur fonds propres (le trésor de guerre de l’entreprise en quelque sorte et 50% sur crédit bancaire en termes d’orthodoxie financière.
Qui est Tecom ?
Tecom est une filiale du Groupe Dubaï Investissement, un des plus prospères et plus riches investisseurs de l’Emirat de Dubaï (18% des réserves mondiales de pétrole) appartenant à l’émir Mohamed Ben Rashid Al Maktoum, prince héritier et ministre de la Défense des Emirats.
L’histoire de cette entreprise se confond avec le miracle né dans le désert, celui d’une ville nouvelle et d’un Etat qui a connu au cours des trois dernières décennies une expansion prodigieuse grâce au secteur des services, mais aussi au libéralisme économique avec des infrastructures ultra-modernes.
Il s’agit d’une liberté tous azimuts pour le commerce international avec des modes de transport nouveaux, de nouvelles visions.
Dubaï est en transition pour passer de la vision II à la vision III horizon 2010) de sa stratégie de développement. La Vision I est ce qui a déjà réussi (commerce, logistique, transport) et est dépassé.
Vision II : nouveaux secteurs à mainmiser, services financiers, médias et télécoms.
Vision III. éducation, santé, recherche développement, industries et activités de qualité de vie.
Le portefeuille détenu par le Groupe est très diversifié, avec de l’immobilier, de l’énergie, des bio-technologies, des médias, des télécoms, une ville dédiée à l’Internet, propriétaire et opérateur pour les fibres optiques en Europe…
Ce qui est curieux, c’est qu’au cours de l’exposé de Tecom aucun chiffre n’est avancé pour les activités du Groupe, il n’y a que des généralités qualitatives : est-ce par pudeur, par confidentialité ou pour ne pas hérisser les susceptibilités ? Tout cela à la fois.
Tecom vise pas moins que de devenir un chef de file international des télécoms. Excusez du peu ! Dans le détail Tecom prétend livrer les meilleurs services de télécoms basés sur la technologie la plus récente, l’efficacité opérationnelle et le service à la clientèle.
Il s’agit pour Tecom de rapprocher l’Europe du Moyen-Orient et du Maghreb, implanter les meilleures infrastructures, relier les régions et développer les relations stratégiques avec les opérateurs dans les régions.
Deuxième opérateur de télécoms aux EAU, Tecom a l’ambition de devenir le premier à Malte, où il a déjà pris participation chez l’opérateur local. Ridha Lahmar - Réalites.com.tn
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