Les trois photos ci-dessous - comment les qualifier ? Inqualifiables ?
- circulent sur Internet sous l’intitulé « Good morning Beyrouth ». Il
s’agit d’images de guerre. Et aussi d’images de propagande. Leur seul
rapprochement fait sens, comme on dit. Pas n’importe quel sens, surtout
si, par sa charge émotionnelle, il trouble le sens critique.
Les deux premières proviennent de l’agence Associated Press, accompagnées de la légende : « Israeli girls write messages on a shell at a heavy artillery position near Kiryat Shmona, in northern Israel, next to the Lebanese border, Monday, July 17, 2006. (AP Photo/Sebastian Scheiner)
Ces deux photos sont titrées, en anglais : « Des enfants israéliens envoient des cadeaux à des enfants libanais ». Titre lui-même suivi de celui-ci, qui accompagne la troisième photo : « Les enfants libanais les reçoivent. »
La source de cette troisième photo n’est pas bien énoncée. De la même agence AP ? Et alors, dira-t-on , pourquoi pinailler ? Car - hélas ! -, elle ne semble pas truquée et il s’agit bien d’un enfant mort. Seulement on ne peut savoir dans quelles circonstances exactes : pas de lieu annoncé, ni de date.
Même s’il est probable que cet enfant ait été victime d’un acte de guerre, au sens strict de l’exactitude des faits, l’image seule ne dit rien des circonstances. C’est le discours - de propagande - qui établit un lien implicite, comme évident, entre les obus sur lesquels écrivent des fillettes israéliennes et la petite victime.
Qu’importe !, dira-t-on encore, puisque toute guerre, donc celle-ci, est horrible. Justement, elle l’est assez, sans qu’il soit besoin d’ajouter à l’horreur. La guerre résulte d’une défaite de la raison. Une défaite de l’humanité pensante, aveuglée par les débordements émotionnels.
Les photos sont de AP, Associated Press pictures au Liban
agoravox.fr
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